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Le marché du génie électrique en France : 29 milliards d'euros, et une décennie électrique devant lui

15 juillet 2026 — Alexandre Catimel, co-fondateur de Synevolt

Le génie électrique est l'un des rares métiers du bâtiment à sortir renforcé des années de crise. Pour ce premier article de la newsletter Synevolt, nous avons repris les chiffres du secteur (étude Xerfi, données Insee, France Travail) pour répondre à une question simple : où va le marché du génie électrique français, et qu'est-ce que cela change pour les dirigeants de PME du métier ?

L'essentiel en cinq chiffres

  • 29 milliards d'euros : le marché français du génie électrique (2023)
  • +4,1 % : la croissance de l'activité des électriciens en 2024
  • ≈ +50 % : le niveau d'activité par rapport à l'avant-crise, en valeur
  • 71 % : la part des recrutements d'électriciens jugés difficiles en 2025
  • 310 : cessions d'établissements publiées dans le secteur en 2024 (+25 % sur un an)

Un marché de 29 milliards d'euros, une activité au plus haut

Le marché français du génie électrique pesait près de 29 milliards d'euros en 2023. Et la dynamique ne s'est pas arrêtée là : après trois années exceptionnelles (+14,6 % en 2021, +7,7 % en 2022, +10,7 % en 2023), l'activité des électriciens a encore progressé de +4,1 % en 2024, portée par la rénovation et la mise aux normes des installations électriques d'un parc de bâtiments vieillissant, et par des revenus récurrents (dépannage, maintenance) peu sensibles à la conjoncture.

2025 devrait avoir marqué une pause : Xerfi anticipait un léger repli (−1,0 % en valeur), le temps que la construction neuve reparte. Mais l'essentiel est ailleurs : selon la même étude, l'activité du secteur reste environ 50 % au-dessus de son niveau d'avant-crise. Une progression en valeur, qui intègre la hausse des prix et des salaires, mais qui reste nettement positive en volume. Et sa colonne vertébrale est solide : l'entretien-rénovation représente près des deux tiers du chiffre d'affaires des électriciens, un socle bien plus stable que le neuf.

Trois moteurs structurels pour les dix prochaines années

L'électrification des usages

La France vise 400 000 bornes de recharge publiques d'ici 2030. L'installation et la maintenance de bornes (IRVE) montent en cadence, et les électriciens y jouent le rôle central, à condition de développer les compétences et certifications spécifiques.

Le solaire

237 000 installations photovoltaïques en autoconsommation ont été mises en service en 2024 (+18 % après +120 % en 2023), pour un parc qui dépassait déjà 670 000 installations fin 2024. Et la réglementation crée un gisement massif : depuis 2025, les bâtiments non résidentiels de plus de 500 m² en construction ou rénovation lourde doivent s'équiper en solaire ou végétalisation, et les grands parkings devront installer des ombrières photovoltaïques d'ici 2028.

Les datacenters

La France comptait 301 datacenters de colocation début 2025, contre 176 en 2018, une vague amplifiée par l'IA. Le câblage de ces sites, en courants forts comme en courants faibles, revient aux entreprises du génie électrique.

S'y ajoute un cadre réglementaire durablement favorable : calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques (étiquettes G depuis 2025, F en 2028, E en 2034), RE2020, diagnostics électriques obligatoires à la vente comme à la location. Autant d'obligations qui convertissent le parc ancien en carnets de commandes.

Un secteur d'artisans et de PME... où la taille fait la performance

Le génie électrique français, c'est plus de 77 000 entreprises (2023), dont les deux tiers sans salarié et 95 % de moins de dix salariés. À l'échelle du secteur, à peine 0,5 % des entreprises dépassent 50 salariés ; au sein des sociétés suivies par Xerfi, elles concentrent pourtant plus de 80 % du chiffre d'affaires. Entre les deux, un peu plus de 3 000 PME de 10 à 49 salariés : assez structurées pour porter les contraintes d'une vraie entreprise (encadrement, sécurité, appels d'offres), rarement assez grandes pour les amortir. C'est dans cette tranche que la question de la taille se pose le plus crûment. Au total, le secteur emploie plus de 207 000 salariés, dont près d'un quart en Île-de-France.

Cette fragmentation explique la structure des marges. Au sein du top 25 du secteur, les spécialistes des segments à valeur ajoutée (nucléaire, solaire, sécurité incendie) occupent le haut du classement, avec des excédents bruts d'exploitation de 8 à 13,5 % du chiffre d'affaires ; la plupart des grands installateurs généralistes plafonnent entre 4 et 6 %, plusieurs en dessous. La moyenne du secteur ressort, elle, à 3,5 %. La montée en gamme paie, mais elle exige des investissements (compétences, certifications, outils) souvent hors de portée d'une structure isolée.

La consolidation s'accélère, la transmission aussi

Le mouvement est engagé à tous les étages. Les majors multiplient les acquisitions : SPIE a finalisé neuf opérations en 2024, représentant plus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires cumulé ; Vinci Énergies, Eiffage et les autres consolident aussi bien des ETI que des TPE spécialisées. Les groupes indépendants suivent : le Groupe Fauché, détenu majoritairement par ses salariés, a doublé de taille en cinq ans (224 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019, 447 millions en 2024) à coups de croissances externes. Même les artisans s'organisent : les coopératives d'achats et de services comme VST (850 adhérents) structurent le bas du marché.

Dans le même temps, le marché de la transmission s'anime : 310 cessions d'établissements ont été publiées dans le secteur en 2024, en hausse d'un quart sur un an. Et ce n'est qu'une partie des transactions réelles, beaucoup de cessions de PME se faisant sans publicité. Vu la pyramide des âges des dirigeants de PME du bâtiment, ce mouvement a toutes les chances de s'amplifier. Pour un dirigeant qui prépare la suite, le rapport de force lui est favorable : jamais les repreneurs potentiels (majors, groupes indépendants, groupements) n'ont été aussi nombreux ni aussi divers.

Recrutement d'électriciens : le nerf de la guerre

Un chiffre résume le principal frein du secteur : en 2025, 71 % des projets de recrutement d'électriciens étaient jugés difficiles par les employeurs. Et 70 % de ces embauches sont portées par des entreprises de moins de dix salariés, qui n'ont ni la marque employeur, ni les parcours de formation, ni les perspectives d'évolution d'un groupe. Certains acteurs, comme Atout Groupe, investissent près de 2 millions d'euros dans leur propre centre de formation interne. Là encore, la taille devient un avantage compétitif, pour attirer comme pour fidéliser.

Ce que cela change pour une PME du génie électrique

Résumons. Un marché porteur pour dix ans, tiré par l'électrification, le solaire et les datacenters. Des marges qui récompensent la spécialisation et les investissements. Un recrutement qui favorise ceux qui peuvent offrir des perspectives. Et une consolidation qui redistribue les cartes à tous les niveaux.

Face à cette recomposition, un dirigeant de PME rentable et bien tenue a plusieurs voies : céder à un major ; grossir seul, à coups d'acquisitions ; adhérer à une coopérative, qui mutualise les achats et quelques services, pas le reste. Une autre voie émerge : un groupe d'entrepreneurs qui met en commun ce qui pèse (achats, recrutement, outils, fonctions supports) et où chacun reste aux commandes de sa société. C'est la conviction qui a fait naître le projet Synevolt : dans le génie électrique, la taille doit profiter à tous, sans coûter l'indépendance.

Vous dirigez une PME du secteur et cette lecture du marché rejoint vos réflexions ? Découvrez comment rejoindre le groupe Synevolt : l'échange est confidentiel et sans engagement.


Sources : Xerfi, « Le génie électrique — conjoncture et prévisions 2025 » (édition juin 2025, prévisions arrêtées au 5 juin 2025) ; Insee ; France Travail ; URSSAF ; CERC. Les années de référence des chiffres sont précisées dans le texte.

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